La Voix du Nord - 02 novembre 2005 Stampa E-mail
Voile - Joé Seeten : puisque le café est servi…
par Frédéric SOURICE - Février dernier. 
Après 104 jours de mer, Joé Seeten bouclait son deuxième Vendée Globe avec Arcelor-Dunkerque. «  J’ai fait le tour de la question. J’éprouve le besoin de me poser », analysait-il alors. Mais en quelques mois, l’homme a revu sa position sans avoir à remuer ciel et terre.
Samedi, il s’élancera pour sa troisième transat en double Jacques Vabre en compagnie de l’Italienne Cécilia Carreri, sponsor du projet. La Transalpine qui n’aime pas parler de chiffres, entretient quelques mystères. Elle ne dévoilera pas le budget, évoquera encore moins son métier.


Illustre inconnue

Que sait-on d’elle ? Elle est née à Venise, possède la fibre artistique (elle a écrit plusieurs livres dont Mare verticale, le nom du bateau), avoue un goût prononcé pour l’aventure, qu’il s’agisse de montagne – elle a à son actif des expéditions au Pérou, en Himalaya, en Californie – ou de mer. Cette passion, elle en parle joliment, avec les yeux qui brillent. « J’ai commencé avec un 4.70 en Sardaigne, il y a une dizaine d’années. Ce premier moment, on s’en souvient toute sa vie. C’est comme le premier amour. Tu vas rechercher la même sensation. Pour moi, c’est un rêve qui continue, un rêve en plus grand, mais lié à cette première expérience. Je veux aller chercher des choses fortes, en dehors de l’Italie. » Il y a trois ans, Cécilia Carreri avait remarqué le bateau de Joé Seeten, à La Rochelle. Le Nordiste venait de boucler la Route de l’Atlantique. La Vénitienne cherchait un 60 pieds pour se lancer un nouveau défi et aussi un skipper expérimenté pour mener à bien sa première traversée d’envergure. Pour l’heure, elle s’est contentée d’effectuer le tour de la Corse, de l’Italie ou de l’île d’Elbe.


« Pas une croisière »

L’Italienne s’attaquera donc aux choses sérieuses alors que Joé Seeten disputera sa troisième transat en double avec son bateau Arcelor-Dunkerque, rebaptisé Mare verticale. Le Nordiste effectuera certainement sa dernière compétition avec son monocoque puisqu’il sera mis en vente. Cécilia Carreri serait-elle intéressée ? On n’en saura rien.
Ce qui semble sûr, en revanche, c’est que du Havre à Bahia, l’équipage franco-italien ne pourra se mêler à la lutte pour les toutes premières places.
Pour lui, il s’agira de faire preuve de cohésion, de connaître le bonheur de voir les options validées dans le temps. Sachant que le vécu commun des associés est mince. Sans oublier, également, que certains bateaux concurrents ont préparé leur affaire depuis bien plus longtemps… Bref, il s’agira d’abord de réussir « sa » course, de vivre aussi pleinement l’aventure. C’est ce qui fait avancer et vivre l’Italienne.
Le Dunkerquois ne veut pas entendre parler de balade. « On est toujours dans une régate. Ce n’est pas une croisière corporative. On est dans le format compétition. On aura des résultats au pro rata de l’énergie déployée et aussi de la compétitivité des autres bateaux engagés. Maintenant, il ne faut pas se voiler la face, en face, il y a des équipages bien préparés. “Bilou” (Roland Jourdain) et Ellen McArthur ne sont pas là pour conter fleurette. Nous non plus, on n’est pas là pour cela… »
 
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